Marchés préparés à réagir positivement à toute issue excluant une sortie immédiate de la Grèce

Le marché réagira positivement à tout scenario excluant une victoire de Syriza à Athènes, même si un résultat montrant ND en tête permettra difficilement la constitution d'une majorité stable. Bref, les opérateurs sont préparés a accepter positivement toute issue excluant une sortie immédiate de la Grèce.

Par la suite le flux de nouvelles risque de soutenir aussi l'euro ainsi que les marchés d'actifs. En Espagne l'audit des banques devrait montrer que les 100 milliards octroyés pour la recapitalisation des institutions financières devrait suffire, tout au moins pour l'instant (mais à terme une détérioration supplémentaire du marché immobilier risque de remettre le dossier sur la table). Enfin le sommet européen devra impérativement impressioner.

Notre opinion est qu'un véritable assainissement de la situation passe par deux éléments centraux:
- Un fonds d'amortissement de la dette souveraine (debt redemption fund), pour les montant excédant 60% du PIB (2300 milliards d'euros!!) garanti à 20% par les réserves des pays participants et que contrairement aux Eurobonds engage encore la responsabilité individuelle des pays, donc leur incentif a maitrîser durablement leurs équilibres budgétaires.
- Un Bad Bank européen, achetant au prix de marché toutes les créances douteuses des institutions bancaires systémiques. Une pareille démarche à des précédents historiques réussis (1-REIT's lors de la crise des Savings and Loans (caisses d'épargne hypothécaires) aux Etats Unis il y a 20 ans, 2- TARP suite à la déb^cle de Lehman ainsi que 3- en Suède au début des années 90). Dans tous les cas l'Etat a, in fine, gagné de l'argent sur les sommes engagées et les banques réussi un rétablissement de leur solvabilité bilantaire.

Il va de soi que ces deux initiatives, les seules permettant réelement de résoudre la crise de solvabilité à la fois des Etats et des banques, peuvent paraître difficiles à prendre dans le complexe système décisionnel européen. En leur absence d'autres mesures, paliatives, largement discutées (garantie européenne des depôts, renégociation et assouplissement des dates et conditions pour la périphérie, mobilisation des fonds structurels et régionaux européens, accroissement du capital de BEI, baisse des taux de la BCE, reprise du programme SMP d'achats de dette souveraine, continuation et extension des mesures exceptionnelles de liquidité de moyen terme LTRO, maintien des lignes de financement d'urgence de la BCE, etc) permettront néanmoins d'éviter le pire et de gagner (encore) du temps.

En conclusion, un rebond des marchés d'actifs, ainsi que de l'euro, est notre scénario tactique favorisé.
En l'absence de mesures décisives adressant la solvabilité souveraine et bancaire (voir les deux éléments cités plus haut) les mesures paliatives risquent toutefois de n'acheter que du temps, laissant encore en arrière-plan planer le risque de persistance des principaux enjeux de solvabilité de la crise souveraine et bancaire.

Sur l'Eur-Usd il faut surveiller la borne de 1.2750-75, sur une cassure de laquelle l'Euro peut progresser vers 1.290-1.293, voire 1.300-1.303 niveau de résistance important pour le canal baissier de la tendance de fond baissière.